Centre d’Études Franco-Russe de Moscou

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Séminaire d’histoire soviétique conjoint DHI – CEFR avec Guillaume Fondu

Date :
18/05/2017
Heure :
18:00
Lieu :
Institut d 'histoire allemand - 8/7, rue Vorontsovskaïa, Moscou

Chers collègues,

 

dans le cadre du séminaire d'histoire soviétique, nous sommes heureux de vous inviter à l'intervention de

Guillaume Fondu

doctorant en philosophie à l'Université de Rennes I

sur le thème :

La théorie marxienne de l'argent et la politique financière de la Révolution :

les bolcheviks face à l'héritage de Marx

Lors d'une séance de travail de l'Académie Socialiste consacrée à la réforme monétaire (le 22 novembre 1923), Sokolnikov – principal artisan officiel de cette réforme – rapporta en guise d'introduction à son propos la plaisanterie suivante, à l'époque largement répandue : « le tchervonets soviétique est doublement gagé : il est gagé sur le capital dont dispose la Gosbank mais également sur Le Capital de Marx. » S'ensuit alors un long débat, très vif, quant à la question de savoir ce que peut bien signifier cette assise théorique. Dans notre intervention, nous tâcherons d'expliciter les rapports exacts entre la doctrine de Marx et ce que Sokolnikov appelle « la politique financière de la révolution », et ce d'un double point de vue. Premièrement, les débats monétaires soviétiques et les mesures prises en conséquence constituent un moyen commode de mettre à l'épreuve la théorie de Marx sur la monnaie, qui représente par ailleurs l'une des parties les plus discutées de son système. Deuxièmement, il en va également de la manière dont les bolcheviks utilisent la doctrine marxienne : non pas seulement comme un étendard mais également comme un outil pour la construction du socialisme. À cet égard, les premières années de la NEP sont très intéressantes : du fait d'une réelle liberté de ton (du moins parmi les économistes, et même si elle fut de courte durée), et de la présence d'intellectuels « marxistes » solides (Sokolnikov, Preobrajenski, Boukharine etc.) ainsi que de spécialistes « bourgeois » (Yourovski, Kondratiev etc.), de véritables discussions ont eu lieu, et la confrontation d'idées fut réelle. De plus, le débat touche à des questions de principe : le marxisme peut-il proposer une politique économique spécifique ou ne contient-il qu'une critique du capitalisme, utile lorsqu'il s'agit de faire de la propagande mais par ailleurs stérile ? En relisant quelques-uns des ces débats, dans le cadre de l'Académie socialiste mais également dans d'autres institutions, nous essaierons de comprendre comment le pouvoir soviétique s'est efforcé de travailler avec des catégories (le capital, l'argent, le crédit etc.) qui n'avaient de sens pour les marxistes présoviétiques que dans le cadre du capitalisme et de sa perpétuation.

 

La séance se déroulera en russe sans traduction.

L'événement est organisé par le CEFR et le DHI

 

Au plaisir de vous voir nombreux,

L’équipe du CEFR